Pourquoi l’apprentissage informel est-il pertinent et que nous disent les sciences cognitives sur ce sujet?

Avant de répondre à cette question, il convient de définir ce qu’est l’apprentissage informel. 

Vous avez tous en tête le modèle 70/20/10 qui explique que seulement 10% de notre apprentissage se fait de manière formelle, 20% par le biais de notre entourage et 70% à travers nos expériences et nos pratiques. 

Par apprentissage formel, il faut entendre les formations structurées, organisées, répondant à un programme et à des objectifs métiers précis. 

Par apprentissage informel, la formation non structurée, non organisée, où l’apprenant fixe lui-même ses objectifs et détermine si son apprentissage a été atteint. 

La tentation est grande de les opposer, alors qu’ils sont totalement complémentaires. 

La plupart des situations d’apprentissage ont des aspects formels et informels.

L’APEC (l’agence pour l’emploi des cadres) décrit la formation des cadres par la combinaison de formations formelles et informelles. Par formation informelle l’APEC entend les modalités pédagogiques suivantes : autoformation par la pratique, répétition, observation et mimétisme, acquisition de compétences grâce à des tiers, recours aux autres, à l’entourage dans et hors de l’entreprise, activité extraprofessionnelle, autoformation par les médias traditionnels, salons professionnels, intranet et Internet. 

Dans ce cas l’apprentissage informel s’inscrit dans une logique de continuum.

 

Mais en quoi l’apprentissage informel est-il pertinent et que nous disent les sciences cognitives sur ce sujet ?

Reprenons quatre points fondamentaux des sciences cognitives de l’apprentissage:

1/ L’engagement actif : 

Stanislas Dehaene et il n’est pas le seul, précise que l’engagement actif de l’apprenant est en effet essentiel pour que celui-ci apprenne et mémorise. 

En considérant qu’il n’y a plus un détenteur unique du savoir et de la connaissance mais un échange de savoirs, de compétences et d’expériences entre individus qui prennent tantôt le rôle d’apprenants et tantôt celui de pédagogue, voilà un bel exemple d’engagement actif ?

 

2/ Le retour d’information, le feedback proche, le droit à l’erreur : 

Dans la pratique quotidienne, l’activité de travail peut être l’occasion d’expérimenter et donc d’avoir le droit à l’erreur, facilitant alors les échanges et les partages entre pairs. 

Mieux encore, dans certaines organisations apprenantes, l’erreur n’est pas sanctionnée, arguant du fait que l’expérience vécue, doit être partagée pour éviter qu’elle ne se reproduise avec des conséquences plus graves. Certains métiers, comme les militaires ou les pompiers, mais pas que, parlent de 3A, l’Analyse Après Action, c’est en quelque sorte comme une introspection collective. 

3/ L’apprentissage sur le temps long : 

L’apprentissage informel n’est plus considéré comme un événement mais se produit de manière continue dans le quotidien professionnel et personnel de chacun, permettant ainsi un meilleur ancrage mnésique. 

4/ La mémorisation et notamment la planification de reprises expansées : 

Exemple même de complémentarité avec l’apprentissage formel. La répétition d’une tâche ou l’échange d’idées dans une même communauté de pratiques, favorisent la réflexion, l’auto-évaluation et permettent de conscientiser l’apprentissage et donc son réel ancrage. 

C’est ce que nous appelons chez COLLIN Formation, l’accompagnement après formation.

Quatre points qui jouent en la faveur de l’apprentissage informel.

Enfin ce qui rend l’apprentissage informel pertinent par-dessus tout, c’est l’utilisation des situations de travail comme moyen de formation, nous pensons bien sûr au compagnonnage, au tutorat, où l’apprenant fonctionne par imitation, par observation et pratique répétitive, l’adulte apprend en s’appuyant sur des réalités concrètes. 

Et reconnaissons qu’il développe le sens de l’initiative, l’auto-efficacité, l’intérêt envers sa profession et la volonté de se perfectionner.

Alors, durant  la période que nous traversons, où il est vital pour les adultes d’apprendre pour s’adapter aux rapides changements d’environnements, où  l’essor des nouvelles technologies dites sociales impactent nos rapports au savoir,  il est normal de reconnaitre que l’apprentissage, se forge au travers l’échange et le partage entre pairs (collaborateurs, collègues, expert, etc.) via les outils numériques, ou pas d’ailleurs.

Donc si la pertinence de l’apprentissage informel n’est plus à prouver, reste à définir quelles formes peut prendre l’apprentissage informel et comment intégrer l’apprentissage informel dans les formations plus formelle ?  (Sujet du prochain article)

Car souvenons-nous,  opposer ces deux formes d’apprentissage est une grave erreur, les combiner est à mon sens le doublé gagnant pour l’entreprise et ses collaborateurs.